IKEA et architecte d’intérieur : comment maîtriser le budget d’une rénovation ?
IKEA et architecture d’intérieur : faut-il vraiment tout faire sur mesure pour réussir sa rénovation ?
À l’occasion de la Paris Design Week, j’ai assisté à une rencontre organisée par IKEA et IDEAT autour de l’évolution de nos modes de vie et de notre manière d’habiter.
Autour de la table, différents regards présenté par Marie Godfrain rédactrice en chef du magazine IDEAT : celui d’IKEA sur l’évolution des usages dans la maison avec Enrica Magnalardo : Responsable Style et Aménagement, celui de l’architecte d’intérieur Hélène Paoli, fondatrice d’Archipelles, mais aussi celui de Franck Lehuédé, directeur d’études et de recherches au CREDOC, venu parler des transformations de nos modes de vie.
Forcément, en tant qu’architecte d’intérieur, ces sujets m’intéressent.

Mais si j’ai eu envie d’assister à cette rencontre IKEA x IDEAT, c’est aussi parce que notre métier évolue. Depuis quelques années, le contexte économique a changé et le coût d’une rénovation représente une part de plus en plus importante du budget d’un projet.
Alors comment continuer à créer des intérieurs beaux, confortables et parfaitement adaptés à leurs habitants sans forcément tout réaliser sur mesure ?
C’est une question que je me pose régulièrement chez Atelier JOI.
Et la réponse n’est pas nécessairement de faire moins. Il faut parfois simplement dépenser différemment et au bon endroit.
Le rôle de l’architecte d’intérieur évolue avec nos façons d’habiter
Ces dernières années ont profondément modifié notre rapport au logement.
Le développement du télétravail a notamment ajouté de nouvelles fonctions à nos intérieurs. Une chambre peut ponctuellement devenir un bureau. La table de salle à manger accueille aussi bien les repas que les devoirs ou un ordinateur. Nos logements doivent parfois répondre à plusieurs usages dans une même journée.
Parallèlement, les contraintes économiques pèsent sur les projets immobiliers et les rénovations.
Pour un architecte d’intérieur, cette évolution impose de réfléchir encore davantage aux priorités d’un projet.
Lorsque le budget n’est pas illimité, il devient essentiel de déterminer ce qui mérite réellement un investissement important et ce qui peut être traité plus simplement.
Le sur-mesure est formidable. J’en dessine énormément dans mes projets.
Mais faut-il réellement que tout soit sur mesure ?
Avec l’augmentation des coûts des matériaux, je ne le pense plus.

IKEA et architecte d’intérieur : deux approches forcément opposées ?
On pourrait facilement opposer le mobilier IKEA au travail d’un architecte d’intérieur.
D’un côté, des meubles produits en série et accessibles au plus grand nombre. De l’autre, une conception personnalisée et du mobilier dessiné spécifiquement pour un lieu.
Dans la réalité, la frontière peut être beaucoup plus intéressante.
Un meuble standard peut parfois devenir la base d’un aménagement beaucoup plus personnalisé.
Prenons l’exemple d’un dressing.
Selon sa configuration, il peut être pertinent de partir de caissons IKEA et de consacrer davantage de budget aux parties visibles : façades réalisées sur mesure, poignées, joues latérales, fileurs ou finitions.
Le principe est simple : économiser sur ce qui ne se voit pas pour investir davantage dans ce qui donne son caractère au projet.
Dans d’autres situations, en revanche, un dressing entièrement réalisé par un menuisier sera beaucoup plus pertinent : dimensions atypiques, grande hauteur sous plafond, angles particuliers ou besoin très spécifique.
Le rôle de l’architecte d’intérieur est justement de savoir faire cette distinction.
Tout faire sur mesure n’est pas forcément synonyme d’un meilleur projet
J’aime le sur-mesure parce qu’il nous offre une liberté immense.
Une bibliothèque peut épouser parfaitement l’architecture d’une pièce. Une banquette peut intégrer du rangement. Une menuiserie peut permettre de dissimuler une télévision, une porte ou certains éléments techniques.
Dans ces situations, le sur-mesure transforme réellement l’espace.
Mais sur d’autres postes, la différence sera beaucoup moins importante.
Et lorsqu’on travaille avec une enveloppe budgétaire définie, chaque arbitrage compte.
Économiser sur certains rangements peut permettre de conserver le budget nécessaire pour un beau parquet, une pierre que l’on aime particulièrement, une cuisine de meilleure qualité ou une menuiserie forte dans la pièce de vie.
La question n’est donc pas :
« Comment faire le projet le moins cher possible ? »
Mais plutôt :
« Où l’investissement aura-t-il le plus d’impact sur le projet et sur la manière de vivre dans cet appartement ? »
C’est très différent.
Avant de créer des rangements, comprendre ce que l’on doit ranger
Un autre sujet abordé pendant cette rencontre IKEA m’a particulièrement intéressée : le rangement.
Parce qu’en architecture intérieure, la demande revient constamment.
« Nous manquons de rangements. »
« Nous voulons un grand dressing. »
« Il nous faut une bibliothèque sur tout le mur. »
Mais avant de dessiner un meuble, encore faut-il savoir précisément ce qu’il devra contenir.
Prenons une bibliothèque.
Avez-vous surtout des livres de poche ? Des bandes dessinées ? De grands livres d’art ? Des dossiers ? Des objets décoratifs ? Souhaitez-vous tout montrer ou, au contraire, pouvoir cacher une partie de vos affaires ?
Une bibliothèque remplie de petits livres ne nécessite pas les mêmes hauteurs d’étagères qu’une collection de beaux livres.
Même réflexion pour un dressing.
Combien avez-vous de vêtements à suspendre ? Pliez-vous vos pulls ? Avez-vous beaucoup de chaussures ? De sacs ? Des vêtements longs ?
Dessiner dix mètres linéaires de placards sans se poser ces questions n’a finalement pas beaucoup de sens.
Un rangement réussi n’est pas forcément un rangement plus grand. C’est d’abord un rangement adapté à ce que l’on possède.
Ce qui était très intéressant était la notion d’émotion dans le rangement.
Il existe également une dimension beaucoup moins technique du rangement.
Nos objets racontent une partie de notre histoire.
Certains sont utiles. D’autres sont associés à une personne, une période de notre vie, un voyage ou un souvenir. Certains doivent rester visibles quand d’autres peuvent être rangés, donnés ou laissés partir.
Trier implique donc de faire des choix.
Et lorsque l’on prépare une rénovation, cette étape peut être particulièrement intéressante.
Avant de chercher à remplir chaque mur de placards, on peut commencer par se demander ce que l’on souhaite réellement conserver dans son futur intérieur.
Cela permet parfois de concevoir moins de rangement, mais surtout de mieux le concevoir.
Et de laisser aussi un peu de place à ce qui arrivera plus tard.

Une question essentielle : « comment vivez-vous chez vous ? »
C’est probablement l’idée de cette conférence qui rejoint le plus directement ma manière de travailler.
Avant de dessiner un appartement, un architecte d’intérieur doit comprendre les personnes qui vont y vivre.
Deux couples avec deux enfants habitant chacun 120 m² peuvent avoir des besoins totalement différents.
L’un reçoit régulièrement vingt personnes à dîner. L’autre préfère passer ses soirées en famille devant un film.
L’un travaille trois jours par semaine à la maison. L’autre ne télétravaille jamais.
Chez l’un, les enfants prennent leur petit-déjeuner dans la cuisine. Chez l’autre, tout le monde mange ensemble.
Ces détails semblent anodins.
Pourtant, ils peuvent complètement modifier un plan.
Comprendre les habitudes permet ensuite de proposer des solutions réellement adaptées.
Observer la vie avant de dessiner l’intérieur
C’est aussi ce que j’ai trouvé intéressant dans la démarche présentée par IKEA.
La marque s’intéresse depuis longtemps à la manière dont les personnes vivent réellement dans leur logement et publie notamment son étude internationale Life at Home Report. IKEA explique que ces recherches reposent sur l’observation et l’écoute des habitants afin de mieux comprendre leurs besoins à la maison.
IKEA a indiqué avoir visité environ 400 habitations pour comprendre les habitudes de vie et améliorer leurs magasins et ce qu ils y proposent. Une famille qui vit dans une maison à Strasbourg ne vit pas comme une famille vivant dans un appartement à Paris.
Cette démarche d’observation fait évidemment écho au métier d’architecte d’intérieur.
Je ne cherche pas à appliquer une solution identique d’un appartement à l’autre.
Je cherche à comprendre qui sont les personnes qui vont vivre dans cet espace.
C’est à partir de là que le plan commence réellement à prendre du sens.

Un intérieur doit pouvoir évoluer
Une maison n’est jamais complètement figée.
Nos vies changent et nos besoins également.
Un enfant arrive. Les enfants grandissent. Le télétravail prend plus ou moins de place. On reçoit davantage. On accumule certains objets et on se sépare d’autres.
Une rénovation représente souvent un investissement important et doit donc pouvoir accompagner, autant que possible, ces transformations.
Cela implique parfois de créer des aménagements évolutifs.
Mais cela signifie aussi accepter de ne pas remplir chaque centimètre disponible dès le premier jour.
Laisser un espace respirer peut également être une décision de conception.

Faire moins cher à certains endroits pour faire mieux ailleurs
C’est finalement ce que je retiens de cette matinée IKEA x IDEAT.
Dans un contexte où les budgets de rénovation doivent être de plus en plus réfléchis, le rôle d’un architecte d’intérieur n’est pas uniquement de dessiner de belles choses.
Il consiste également à aider ses clients à faire des choix.
Chez Atelier JOI, nous pouvons dessiner une bibliothèque entièrement sur mesure et, quelques mètres plus loin, décider qu’un élément standard est largement suffisant.
Ces deux décisions ne sont pas contradictoires.
Au contraire.
Faire moins cher à certains endroits ne signifie pas faire moins beau ou moins bien.
Cela permet parfois de préserver le budget pour ce qui compte vraiment : une belle matière, une menuiserie particulière, un élément architectural fort ou simplement davantage de confort au quotidien.
Et c’est peut-être là que se trouve aujourd’hui l’une des parties les plus intéressantes de mon métier d’architecte d’intérieur : ne pas chercher à mettre le maximum partout, mais trouver le juste équilibre pour chaque projet.
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Chez Atelier JOI, nous accompagnons nos clients dans la rénovation complète d’appartements à Paris et dans l’ouest parisien afin de révéler tout le potentiel de leur bien tout en l’adaptant à leur mode de vie.
Parce qu’un appartement haut de gamme n’est pas nécessairement celui qui a coûté le plus cher à rénover. C’est avant tout celui dans lequel chaque décision a été prise avec cohérence et intention.
Vous souhaitez discuté de votre projet ?





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